Voyager en Corée du Sud avec une condition médicale (CPAP, traitement, mobilité réduite)
En bref — Un appareil CPAP voyage gratuitement en cabine sur la plupart des compagnies ; un traitement personnel pour trois mois au maximum passe la douane coréenne sur présentation d'une ordonnance ; en revanche, les stupéfiants et les psychotropes exigent une autorisation préalable du Ministry of Food and Drug Safety (MFDS). Les grands hôpitaux universitaires de Séoul disposent de centres internationaux anglophones.
Emporter un appareil CPAP, un concentrateur d'oxygène ou du matériel médical
Les dispositifs médicaux personnels (CPAP, BiPAP, nébuliseur, pompe à insuline, concentrateur portable) sont reconnus par l'IATA et la plupart des compagnies aériennes comme matériel médical : ils ne comptent pas dans votre franchise de bagage cabine. Quelques règles concrètes :
- Voyagez toujours avec l'appareil en cabine, jamais en soute (risque de casse, refus d'embarquement si la batterie est endommagée).
- Munissez-vous d'une ordonnance ou d'une attestation médicale en anglais précisant le diagnostic et le nom de l'appareil. Elle est rarement demandée, mais s'avère déterminante en cas de contrôle, surtout lors d'une escale (Pékin, Doha, Istanbul).
- Batteries lithium : depuis janvier 2026, les règles IATA imposent aux batteries « emballées avec un appareil » de voyager à un état de charge inférieur à 30 %. Celles jusqu'à 100 Wh sont acceptées sans démarche ; entre 100 et 160 Wh, prévoyez une autorisation préalable de la compagnie. Les batteries de rechange voyagent uniquement en cabine.
- Adaptateur électrique : la Corée fonctionne en 220 V / 60 Hz, prise type C/F. Vérifiez que votre alimentation accepte le 50-60 Hz (la majorité des CPAP modernes sont universels).
- À la douane coréenne, mentionnez l'appareil sur la déclaration douanière si on vous le demande ; il n'est pas taxé dès lors qu'il s'agit d'un usage personnel.
Pour un concentrateur d'oxygène, l'autorisation reste à la discrétion de la compagnie aérienne : prévenez-la au moins 48 h avant le vol et présentez un certificat médical (formulaire MEDIF chez Air France, MEDA chez Korean Air).
Apporter son traitement : ce que la douane coréenne accepte
La règle officielle pour la Corée du Sud, telle que rappelée par l'ambassade de France à Séoul :
- Médicaments classiques (ni stupéfiants, ni psychotropes) : jusqu'à trois mois de traitement pour un usage personnel, accompagnés de l'ordonnance originale en anglais ou traduite en coréen. Conservez les boîtes d'origine avec leur étiquette.
- Médicaments classés stupéfiants ou psychotropes : autorisation préalable du Ministry of Food and Drug Safety (MFDS) obligatoire, quelle que soit la quantité. La demande s'effectue par e-mail à narcotics@korea.kr, au moins 10 jours ouvrés avant le départ, avec : formulaire MFDS, copie du passeport, copie de la réservation de vol, certificat médical détaillé, ordonnance et certificat export/import.
Les molécules concernées comprennent une partie des traitements du TDAH (méthylphénidate, amphétamines), certains anxiolytiques et somnifères (zolpidem, alprazolam selon le dosage), des antidouleurs opioïdes (tramadol, codéine au-delà d'un certain seuil) et certains antidépresseurs anciens. De nombreux antidépresseurs ISRS modernes (sertraline, paroxétine, escitalopram) ne sont pas classés stupéfiants et passent sur simple ordonnance.
Conseils pratiques :
- Demandez à votre médecin une ordonnance rédigée en dénomination commune internationale (DCI) plutôt qu'en nom commercial, ainsi qu'une lettre explicative en anglais précisant la pathologie.
- Pour un séjour long, vous pouvez obtenir en pharmacie française la délivrance de six mois de traitement en une seule fois, sur prescription adaptée et avec l'accord préalable de votre caisse d'Assurance maladie (procédure « dispensation exceptionnelle »).
- En cas de doute sur une molécule, le service consulaire coréen ou le MFDS vous répond par e-mail.
Se soigner sur place : hôpitaux et urgences
La Corée du Sud dispose d'un système de santé de très bon niveau, particulièrement à Séoul. Les trois grands hôpitaux universitaires accueillent les patients internationaux dans des centres dédiés, anglophones :
- Severance Hospital — International Health Care Center (Yonsei University, Sinchon, Séoul) : le plus ancien centre international du pays, plus de 50 000 patients étrangers par an.
- Samsung Medical Center — International Healthcare Center (Gangnam, Séoul) : clinique externe dédiée aux étrangers, coordinateurs disponibles 24/7.
- Asan Medical Center — International Healthcare Center (Songpa, Séoul) : soins primaires, urgences, vaccinations, bilans, services d'interprétariat anglais, chinois, japonais, russe, arabe et mongol.
En urgence vitale, composez le 119 (pompiers et ambulances, transport gratuit). Dès la mise en relation, dites « Hello, English please » ou « Ambulance please » : l'opérateur vous oriente vers un interprète. Le 112 est réservé à la police. Pour une demande non urgente (trouver un médecin anglophone, faire traduire une ordonnance), composez le 1330 — la hotline touristique du KTO, multilingue 24 h/24.
Paiement : les hôpitaux internationaux acceptent les cartes Visa et Mastercard. Conservez tous les justificatifs et faites traduire le compte rendu en anglais en vue du remboursement par votre assurance voyage. Souscrire une assurance santé-rapatriement couvrant hospitalisation, chirurgie et évacuation reste impératif : faute d'assurance, une journée d'hospitalisation peut dépasser 1 000 € selon l'établissement.
Mobilité réduite, fauteuil roulant, dialyse
Accessibilité urbaine : Séoul est globalement plus accessible que sa réputation ne le laisse penser. Environ 94 % des stations de son métro disposent d'ascenseurs, et la majorité des bus urbains de la capitale sont à plancher bas. Les taxis adaptés (fourgons jaunes équipés d'une rampe) se réservent au 1330. Les bâtiments publics neufs respectent les normes d'accessibilité.
Limites : dans les vieux quartiers au nord du fleuve Han (Bukchon, Insadong, certaines parties de Jongno), les trottoirs sont étroits et accidentés, et plusieurs temples et palais imposent des marches. À Busan, le métro est accessible, mais le relief vallonné de la ville reste exigeant. En dehors des grandes villes (campagne, petites îles, sentiers de montagne), l'équipement demeure très inégal.
Dialyse : la Corée dispose de centres d'hémodialyse de bon niveau, mais il n'existe pas de clinique privée en libre accès. La marche à suivre :
- Contactez le centre international de l'hôpital universitaire le plus proche de votre hébergement (Severance, Samsung, Asan, Gangnam Severance, etc.) au moins 6 à 8 semaines avant le départ.
- Transmettez vos derniers bilans, votre prescription de dialyse et une copie de votre carte d'assurance.
- Comptez un coût indicatif de 500 000 à 1 000 000 KRW par séance (environ 350 à 700 €), à régler à la sortie puis à faire rembourser par votre assurance.
Des plateformes spécialisées (Bookdialysis, Booknowmed) facilitent la mise en relation à distance.
Avant le départ, vérifiez en parallèle trois points : la liste à jour des molécules classées (site du MFDS ou ambassade de Corée à Paris), les plafonds de votre assurance voyage (hospitalisation, rapatriement, dialyse) et la compatibilité électrique de vos appareils.
Liens utiles
- Ambassade de France en Corée — Transport de médicaments — règles officielles, contact MFDS.
- France Diplomatie — Corée du Sud, Santé — recommandations officielles, vaccinations, assurance.
- Severance Hospital — International Health Care Center — prise de rendez-vous patients étrangers.
- Samsung Medical Center — International Healthcare Center — coordinateurs 24/7.
- Asan Medical Center — International Healthcare Services — services internationaux.
- Ministry of Food and Drug Safety (MFDS) — autorisations d'importation de médicaments.